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Mercredi 28 février 2007

Une fois n'est pas coutume, je vais mettre ici un article du Monde (j'en ai écarté les passages que je trouvais moins intéressants) concernant la naissance de la numération en Afrique. Aimant bien tout ce qui a trait de près ou de loin la mathématique (même si malheureusement à part quelques livres piochés au hasard et de manière très épisodique je ne lis plus grand chose sur le sujet), j'ai désiré vous faire partager cette actualité.



Ce sont deux os de trois fois rien. Deux petits "bâtons" scarifiés, l'un, légèrement arqué, haut d'à peine 10 cm, l'autre, rectiligne, mais creusé en son milieu, de 14 cm. A l'une des extrémités du premier est enchâssé un fragment de quartz, laissant supposer qu'il pouvait s'agir du manche d'un outil tranchant, dont l'usage - instrument de scarification ? - reste un mystère. De même que l'origine des deux fossiles : probablement animale pour le premier - grand carnivore (os pénien de lion peut-être) ou grand singe -, vraisemblablement humaine pour le second.

Ils ont été exhumés à Ishango (l'étude des strates géologiques où ils ont été retrouvés, au milieu de harpons et de coquillages, les fait remonter à quelque 20 000 ans), au bord du lac Edouard, dans l'ancien Congo belge (aujourd'hui République démocratique du Congo), lors de campagnes de fouilles dirigées par le géologue Jean de Heinzelin, en 1950, puis 1959.

Depuis leur découverte, ces ossements excitent la curiosité - et l'imagination - des archéologues et des préhistoriens. Car ils pourraient constituer le plus ancien témoignage des capacités mathématiques de l'humanité, quinze millénaires avant l'apparition de la numération, en même temps que de l'écriture, chez les Mésopotamiens (Irak actuel).

Les deux bâtons d'Ishango présentent en effet, sur leurs parties non érodées, des encoches disposées transversalement et regroupées en séries, décrit le mathématicien Dirk Huylebrouck, qui s'est longtemps penché sur cette énigme.

Il est tentant de convertir ces séries en chiffres, une séquence de trois traits correspondant par exemple au chiffre 3. Sur le premier os apparaissent ainsi trois colonnes de chiffres : d'abord 11, 21, 19 et 9, puis 11, 13, 17 et 19, enfin 3, 6, 4, 8, 10, 5, 5 et 7. Plusieurs experts, observant que la première colonne pouvait se lire 10+1, 20+1, 20-1 et 10-1, que la seconde était formée de nombres premiers et que la troisième suivait, pour l'essentiel, la règle de la duplication (3-6, 4-8...), y ont vu le signe indubitable d'un système arithmétique complexe, en base 10.

D'autres, en combinant chiffres et colonnes, ont constaté que le chiffre 6 occupait une place centrale dans ce système, qui serait donc en base 6 ou 12 autant qu'en base 10. Une hypothèse confortée par le fait que des populations d'Afrique utilisent toujours des systèmes de calcul en base 12 : ainsi, chez les Yasgua du Nigeria, 13 se dit 12+1. Des méthodes ancestrales de comptage, où le pouce d'une main dénombre les phalanges des autres doigts, soit 3 × 4, donne aussi le chiffre 12, soit, multiplié par les 5 doigts de l'autre main, 60.

C'est précisément le total de 60 que l'on trouve en additionnant les chiffres de la première ou de la deuxième colonne, tandis que l'on arrive à 48 avec la troisième colonne. Il n'en fallait pas plus pour que certains parlent de calendrier lunaire, 60 jours correspondant au temps de deux lunaisons environ, et 48 à celui d'une lunaison et demie.

L'analyse, encore toute fraîche, du second os d'Ishango, a écarté cette fantaisie lunaire. On y remarque six rangées d'entailles, composées de 14 stries longues et 6 courtes, 6 longues, 18 longues, 6 longues, 20 longues, 6 longues et 2 courtes. Ce qui plaide, là encore, pour un système en double base, 6 et 10. "C'est en tout cas la preuve qu'existait en Afrique, voilà 20 000 ans, un peuple qui comptait et calculait", conclut Dirk Huylebrouck. Ce savoir-faire aurait pu se propager ensuite vers les berceaux jusqu'alors tenus pour être ceux des mathématiques, la Mésopotamie et l'Egypte, en empruntant les mêmes voies que les harpons dont le modèle semble s'être diffusé à partir des Grands Lacs africains.

"Il convient de faire la part des observations scientifiques et celle des spéculations", tempère Patrick Semal, anthropologue responsable des collections d'Ishango. Un programme de recherche pluridisciplinaire, que va lancer la région de Bruxelles, permettra peut-être de faire dire aux os d'Ishango leur dernier mot, ou leur dernier chiffre.

Pierre Le Hir
Article paru dans l'édition du 01.03.07.



Cab'

par Cab' publié dans : Sciences
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Mardi 27 février 2007

Hier soir c'était au tour de François Bayrou de se prêter au jeu des questions de TF1. Je reste toujours impressionné de voir à quel point des hommes politique de premier plan (de 3ème plan diront certains) laissent paraître leur stress dans des émissions de ce type. Enfin, il s'est rapidement repris en main (c'est le cas de le dire, ses doigts dansant la gigue).
Globalement j'ai trouvé que la prestation était plutôt réussie et je ne serais pas étonné qu'il ait marqué des points auprès de l'opinion française hier soir. Il a répondu aux questions de manière très précise, souvent en illustrant son propos par des exemples concrets. On retiendra qu'il fixe une priorité absolue sur l'éducation et le problème de la dette.

Il a su habilement se mettre en avant, non pas par l'affichage de son programme, mais par le fait que son programme serait un moyen de sauvegarder le modèle républicain en France, et c'est seulement dans un deuxième temps qu'il rentre dans les détails. Même si parfois ses réponses auraient pu être plus courtes, je crois que le qualificatif qui conviendrait le mieux à sa prestation hier soir est EFFICACE et CONVAINCANT. Il ne s'est à aucun moment mis en scène, il s'est contenté d'être là et c'était très bien.

Il n'a pas hésité à s'engager sur des positions claires (pour le contrat emploi formation par exemple) et sur une manière différente de concevoir la politique (un passage intéressant où il parle par exemple de la co-responsabilité entre le ministère de l'éducation et les syndicats enseignants).
Finalement il aura su, je crois, trouver une écoute attentive de la part de son public en s'attaquant aux dérives de la manière actuelle de gouverner. Il recadre ainsi la position de l'état qui n'est pas de prendre des décisions pédagogiques, il pointe du doigt l'écart réel qui peut exister entre une circulaire ministérielle et son impact sur le terrain). On retrouve même une sorte d'idée de consultation participative dans son discours...

"Faire du concret, du vrai !". François Bayrou se lance un défi : réunir, rassembler les compétences au-delà des divisions des partis politiques actuels. S'agit-il d'une idée utopique ? Peut-on réellement croire à un gouvernement sans querelle ? Aujourd'hui, on peut déjà constater ces dysfonctionnements à l'intérieur des partis eux-mêmes. Pourtant l'idée est séduisante : rallier à sa cause des hommes et des femmes politiques ayant des valeurs et souhaitant mettre leurs compétences au service d'une politique qui arriverait à concilier des idées de "droite" et de "gauche". Car le problème est bien là, cela supposerait que chacun amène ses valeurs tout en acceptant de revoir ses idées. Bayrou a été clair là-dessus : le rassemblement naitra de la volonté des uns et des autres à travailler ensemble ! Et il touche un point sensible : comment un gouvernement peut-il conduire un pays avec 25% des français seulement qui l'ont soutenu au premier tour... "L'UDF n'est pas là pour remplacer, l'UDF est là pour rassembler".

Il a été drôle alors de constater le changement d'attitude de François Bayrou après cette intervention : il se pose maintenant et jusqu'à la fin de l'émission en tant que Président qui pourra imposer sa vision aux appareils politiques. Il veut faire rentrer dans la Constitution l'interdiction de faire voter un budget de fonctionnement non équilibré (au passage, j'ai trouvé ça hallucinant, que cela soit le cas !). Il veut, par geste symbolique, diminuer de 20% le budget de l'Elysée. Voilà un homme qui se veut rassembleur et qui a l'intention de diriger le pays, pas seulement de piloter tant bien que mal une économie qui s'emballe.

Très peu de temps restait pour traiter des questions internationales et c'est dommage. Je crois que vraiment, il méritait d'avoir une émission qui lui soit consacré entièrement. J'ai noté au passage sa vision assez intéressante de l'aide à l'immigration (je dis bien l'aide à l'immigration et pas le contrôle de l'immigration). Il retourne le problème et considère la cause : une véritable politique d'immigration passe par une aide au développement de l'Afrique. Et là, retour d'un terme que je pensais ne pas entendre : LE PACTE ! Ah, quel mot magique en cette période. Enfin, plus important que le mot serait le contenu, d'un réel pacte de refondation de la coopération.

Le problème de la désertification des communes rurales par le service public mais aussi par les services en général a également été abordé. Une réponse "simple", l'octroi d'une bourse aux étudiants contre l'engagement d'exercer pour une durée donnée leur métier dans les campagnes délaissées. F. Bayrou a également proposé la mise en place de guichets uniques rassemblant l'ensemble des services utiles de l'état. Cela me fait penser, qu'aucun chiffrage n'a été abordé hier soir, car ne nous fourvoyons pas, tout ce qu'il propose (contrat emploi formation, bourses, 2 emplois sans charges pour les petites entreprises...) a quand même un coût !

En conclusion, mon coeur et ma raison balance entre un programme du parti socialiste qui n'est pas mauvais mais qui sent la poussière et un programme de l'UDF qui est peut-être un rève inatteignable. En tout cas, ma décision n'est pas encore prise.

Petit clin d'oeil à l'Alsace en fin d'émission (ma région natale) avec l'intervention de Françoise qui souhaite que François (!) s'occupe de lui expliquer sa politique pendant toute une journée. Il lui proposera de le suivre pendant 24h. Mais ce qui était à noter, c'est que Françoise a 53 ans, et qu'elle n'a jamais voté jusqu'à ce jour. Beaucoup de gens sont dans son cas, et beaucoup de gens aimeraient qu'on leur explique tout un tas de chose sur le fonctionnement politique en France. Et qui prend la peine de leur expliquer ? Y a-t-il un parti aujourd'hui qui ait encore une démarche éducative vis-à-vis des citoyens... ?


Cab'
par Cab' publié dans : Actualités - politique
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Dimanche 25 février 2007

Aujourd'hui c'est dimanche. Le jour où on se repose. Alors je vous propose de tranquillement surfer sur le site de Nadine, quelqu'un que j'ai rencontré il y a 3 ans et dont j'adore les peintures. J'espère que vous aimerez aussi. Je vous souhaite une excellente fin de week-end !




Cab'


par Cab' publié dans : A regarder
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Samedi 24 février 2007


Grid LockPour jouer à Grid Lock, cliquez sur l'image


Un excellent jeu de labyrinthe qui vous rappellera le film "Tron". On joue avec les flèches du clavier, la barre d'espace pour sauter, "E" pour regarder en l'air et "R" pour regarder vers le bas. Le but du jeu est de trouver la sortie. Vous pouvez sauter de cube en cub, mais attention, les cubes rouges sont mortels.
Et bien sûr vous avez un niveau d'énergie qui diminue si vous faites n'importe quoi, notamment en fonçant tout droit dans les pièges...

Eh oui, encore un jeu à vous rendre dingue. Amusez-vous bien !


Cab'

par Cab' publié dans : Se détendre en ligne
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Vendredi 23 février 2007

Ségolène Royal, renoue le dialogue avec ses anciens camarades. C'est le renouveau du pacte présidentiel avec le renouvellement de son équipe de campagne : Lionel Jospin et François Hollande, Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius, Pierre Mauroy, Henri Emmanuelli, les maires de Paris et de Lyon, Bertrand Delanoë et Gérard Collomb, l'ancienne ministre des affaires sociales Martine Aubry, l'ancien ministre Bernard Kouchner, mais aussi les présidents des groupes parlementaires Jean-Pierre Bel et Jean-Marc Ayrault, et l'ancienne ministre Yvette Roudy. Il manque à l'appel Jean-Pierre Chevènement et Christine Taubira et la boucle aurait été bouclée...

François Bayrou aime rassembler, lui aussi il souhaiterait que l'on puisse tous vivre ensemble. Il défend l'idée d'un gouvernement d'union nationale avec les meilleurs de la gauche et de la droite : "Je suis prêt à leur confier des responsabilités importantes car on a besoin d'eux pour redresser le pays. Je n'ai pas la naïveté de penser qu'on va redresser le pays uniquement avec des UDF même si je crois que les valeurs que je défends sont bonnes". Il a évoqué la possibilité de nommer, s'il est élu, un premier ministre de gauche. Quelques précisions sur son programme social-libéral ici.

Ce matin dans l'émission la Matinale, Alain Bentolila était invité pour parler de son livre (que je n'ai pas encore lu) : Le verbe contre la barbarie. Il est professeur de linguistique à l'université Paris-V-Sorbonne, conseiller scientifique de l'Observatoire national de la lecture et de l'Agence nationale de lutte contre l'illettrisme. Son ouvrage parle de la difficulté des gens à parler, à communiquer avec les autres, surtout avec ceux avec qui nous n'avons pas forcément d'affinités particulières. Il explique pourquoi le verbe a des vertus pacifiques et que l'absence de communication peut conduire à l'agressivité : n'est-il pas intéressant de constater que l'on peut expliquer quelque chose à l'autre, et qu'à défaut de compréhension, nous allons nous expliquer dehors ? Un ouvrage que je me suis conseillé, et donc que je me permets de vous conseiller aussi. Ici, un petit extrait à écouter (lu par François Attia).


Cab'

par Cab' publié dans : A lire
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